Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 225 – « Liberticides » : quand les wokes veulent libérer la parole… et les couteaux

« Liberticide » : le mot qui fait pleuvoir des larmes… de crocodile

Ah, le mot liberticide ! Ce petit bijou de novlangue qui fleure bon la victimisation et le café du commerce. Utilisé à toutes les sauces par une certaine frange de nos nobles défenseurs officiels (enfin, surtout de leur propre ego), ce terme est devenu la madeleine de Proust des nostalgiques d’un temps où l’on pouvait insulter, nier et menacer sans conséquence. Un temps béni, où la liberté d’expression était un permis de tuer… verbalement, bien sûr.

Le programme des libérateurs de la parole (et des préjugés)

Prenons quelques cas emblématiques de ce combat héroïque. Au programme ? Un mélange explosif de sortie de l’UE, le retour au franc, et surtout, l’abrogation des lois « liberticides ». Parmi elles :

  • La loi Pleven (1972) : cette horreur qui ose sanctionner la provocation à la haine raciale ou religieuse. Scandaleux ! Comment voulez-vous débattre sereinement de la supériorité d’une race ou des mérites d’un complot si l’État vous regarde de travers ?
  • La loi Gayssot (1990) : cette abomination qui punit le négationnisme. Intolérable ! Comment oser douter de génocides quand on a vu une vidéo sur YouTube ?
  • La loi Avia (2020) : cette tyrannie qui oblige les plateformes à retirer les contenus haineux. Inacceptable ! Où irons-nous si on ne peut plus traquer ceux que des manipulateurs désignent comme ennemis d’une cause en ligne ?

Pour ces martyrs de la libre parole, ces lois sont des censures déguisées, des entraves à la vraie démocratie. Une démocratie où l’on pourrait enfin dire tout haut ce que l’on pense tout bas… à savoir, souvent, des horreurs.

Liberticide ou libertinage ?

Le terme liberticide est un chef-d’œuvre d’orchestration sémantique. Il sous-entend que ces lois tuent la liberté, alors qu’en réalité, elles protègent les citoyens contre la haine, le racisme et les appels au meurtre. Mais peu importe : pour nos résistants du bon sens, la liberté d’expression doit être absolue, même si cela signifie donner une tribune aux pires extrémistes.

Et que dire des dérives récentes ? Entre un ex-chroniqueur de TPMP qui insulte les sympathisants du RN comme on crache par terre, le couple de zadistes qui se moque des handicapés, ou le farfelu au coupe-coupe qui menace ses adversaires politiques, on se demande : si demain, ces lois disparaissaient, qui serait le prochain à en faire les frais ? Les veuves et les orphelins, peut-être ? Ou bien les minorités, les marginalisés, les ennemis du peuple du jour ?

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Le Conseil constitutionnel, ce rabat-joie

Pourtant, même le Conseil constitutionnel a rappelé que la loi Gayssot, par exemple, ne visait pas à interdire le débat historique, mais à lutter contre le négationnisme. Mais bon, quand on a déjà décidé que l’État était un complot contre la vraie pensée, à quoi bon écouter les juristes ?

Conclusion : la liberté, oui… mais pas pour tout le monde

Alors, liberticide ? Non. Libertinage intellectuel, oui. Ces lois ne sont pas là pour museler le débat, mais pour éviter que ce débat ne devienne un lynchage. Et si nos défenseurs autoproclamés de la liberté voulaient vraiment protéger les veuves et les orphelins, ils commenceraient par ne pas les prendre pour cible.

En attendant, on peut toujours rêver d’un monde où la liberté d’expression ne servirait pas de paravent à la bêtise, à la haine… et aux zouaves en tout genre.

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